•  

    LE JARDIN ET LA MAISON

    Voici l'heure où le pré, les arbres et les fleurs
    Dans l'air dolent et doux soupirent leurs odeurs.

    Les baies du lierre obscur où l'ombre se recueille
    Sentant venir le soir se couchent dans leurs feuilles,

    Le jet d'eau du jardin, qui monte et redescend,
    Fait dans le bassin clair son bruit rafraîchissant ;

    La paisible maison respire au jour qui baisse
    Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses.

    Le feuillage qui boit les vapeurs de l'étang
    Lassé des feux du jour s'apaise et se détend.

    Peu à peu la maison entr'ouvre ses fenêtres
    Où tout le soir vivant et parfumé pénètre,

    Et comme elle, penché sur l'horizon, mon cœur
    S'emplit d'ombre, de paix, de rêve et de fraîcheur...

    Anna de NOAILLES


    ♥♥♥  ♥♥♥

     

     

     



    @maryse31

     


    7 commentaires
  •  

     



    LA CHAUDE CHANSON

     

    La guitare amoureuse et l'ardente chanson
    Pleure de volupté, de langueur et de force
    Sous l'arbre où le soleil dore l'herbe et l'écorce,
    Et devant le mur bas et chaud de la maison.

    Semblables à des fleurs qui tremblent sur leur tige,
    Les désirs ondoyants se balancent au vent,
    Et l'âme qui s'en vient soupirant et rêvant
    Se sent mourir d'espoir, d'attente et de vertige.

    - Ah ! quelle pâmoison de l'azur tendre et clair !
    Respirez bien, mon cœur, dans la chaude rafale,
    La musique qui fait le cri vif des cigales,
    Et la chanson qui va comme un pollen sur l'air...


    Anna de NOAILLES

     



    Belle journée à toutes et tous

     


     

     

     
     
    @Beauty2016 
     

     

     

     

     

     

     

     

     


    11 commentaires
  •  

     

    JUIN

     

    Dans cette vie où nous ne sommes
    Que pour un temps si tôt fini,
    L'instinct des oiseaux et des hommes
    Sera toujours de faire un nid ;

    Et d'un peu de paille ou d'argile
    Tous veulent se construire un jour,
    Un humble toit, chaud et fragile,
    Pour la famille et pour l'amour.

    Par les yeux d'une fille d'Ève
    Mon cœur profondément touché
    Avait fait aussi ce doux rêve
    D'un bonheur étroit et caché.

    Rempli de joie et de courage,
    A fonder mon nid je songeais ;
    Mais un furieux vent d'orage
    Vient d'emporter tous mes projets ;

    Et sur mon chemin solitaire
    Je vois, triste et le front courbé,
    Tous mes espoirs brisés à terre
    Comme les œufs d'un nid tombé.

     

    François Coppée

     

    Je vous souhaite une bonne journée

     

     


    @Beauty2016

     


    5 commentaires
  •  



    J'avale des couleuvres
    Des cobras
    Des vipères
    Quelques serpents ailés
    Mais on en trouve moins que naguère.

    Il m'arrive aussi
    Pour vaincre mon ennui
    D'avaler des contes
    Et des recits
    Totalement légendaires
    De la sorte j'enrichis
    Mon musée imaginaire.

    A parler franc j'avale
    Quasi tout ce qu'on dit
    Comme un vieux chien fidèle
    A son maître soumis.

    Et qu'importe après tout
    Si j'avale de travers
    Je digère
    Je digère
    Je digère

    Jacques Herman

     

    Bonne journée et merci de votre visite

     

     

     

     

     

     

     

     

    @Beauty2016




     

     

     


    6 commentaires
  •  


     

    CONFIDENCES

    ♥♥


    Le destin quelquefois nous offre le bonheur,
    De croiser un esprit qui nous ouvre son cœur,
    Confiance partagée, nuancée de pudeur,
    Magie de l'amitié qui s'éveille en douceur...

    J'apprécie pleinement l'étendue de ma chance,
    D'avoir pu te croiser, et faire ta connaissance,
    Je garde au fond de moi les moindres consonances,
    De nos conversations sur ton de confidences.

    Quand le stress ou l'ennui se font trop ressentir,
    Je ferme les paupières, pour mieux me souvenir,
    De ces instants précieux gravés dans ma mémoire.

    Alors pour quelques temps mon esprit met les voiles,
    Et tous nos bons moments deviennent des étoiles,
    Inondant de clarté mes pensées les plus noires.

    Liliane Rosati

    ♥♥

     

     

    @Beauty2016 

     


    8 commentaires
  •  


    UN HOMME QUI PLEURE

     

    Le ciel était bleu et dans cette mer sage
    Les nuages traînaient de longs sillons d'écume,
    L'air doux et parfumé caressait mon visage
    Soudain je l'ai vu, il pleurait là, sur le bitume.


    Son chagrin semblait fort mais était silencieux
    Pas une plainte, pas un son ne sortait de sa bouche,
    Juste l'eau qui coulait du brouillard de ses yeux
    Et moi, un homme qui pleure, voyez-vous, cela me touche.


    Je ne pouvais détacher mon regard de tendresse
    Des gouttes de chagrin  qui suivaient le chemin
    Des rides que la vie avait creusées avec largesse
    Et qu'il essuyait du revers de sa main.


    Il ne regardait rien, juste devant lui
    Mais que voyait-il sur cet invisible horizon,
    Pleurait-il un amour, pleurait-il un ami
    Car pour qu'un homme pleure, il faut une raison.


    Qui donc, le premier, a eu la stupide impudence
    De prétendre qu'un homme, un vrai, ne pleure pas,
    Moi, je vous aime avec vos joies et vos souffrances
    Vos forces, vos faiblesses, votre sensibilité, vos émois.


    Parmi tous les passants, certains ont le sourire
    Pourtant moi je suis là, avec la gorge serrée,
    Envie de le consoler et envie de leur dire
    Que ce n'est pas bien de rire de voir un homme pleurer.


    Vous voir pleurer, messieurs, me fait tellement de peine
    Vous qui préférez souvent cacher votre douleur,
    Entendre vos sanglots me vide chaque fois les veines
    Et le sel de vos larmes me brûle chaque fois le cœur.


    Christine TEISSEDRE

     

     

      

      

    Encadrement:@Beauty

     

     

     


    4 commentaires

  • A BIEN REGARDER LES NUAGES


    A bien regarder les nuages,
    On peut voir des milliers d'images,
    Fantastiques et irréelles,
    Éphémères, étranges
    , et belles.

    Un visage de vieillard,
    Un dieu menant son char,
    La mer et la montagne,
    Une coupe à champagne.

    Puis les formes se fondent,
    En quelques secondes,
    Avant de s'étirer,
    En nouveaux clichés.


    Un ange, un éléphant,
    Un cheval ou un paon,
    Un arbre, une chaumière,
    Un lit, une rivière.


    C'est un charmant spectacle,
    Fait de petits miracles,
    Qui viennent et disparaissent,
    Un peu comme des caresses.


    Mais si je passe autant de temps,
    Les yeux au ciel et l'air absent,
    A observer les nuages,
    C'est parce que j'y cherche toujours la plus belle des images
    Ton visage.


    Liliane Rosati

     


     

     

     @Beauty2016

     

     


    7 commentaires
  •  
    aramat_0Y38 (333x166, 103Kb)LES JARDINS DE L'ENFANCE
    L'enfance, au moindre appel, me rouvre ses jardins ;
    Sur chacun de mes sens toute chose est caresse
    Épousant les échos des psaumes de grand-messe
    Témoins d'un âge heureux les dimanches matins.

    Le bonheur rejaillit de gestes anodins
    Dont l'éthique enseignait la fragile noblesse,
    Héritage de foi qu'un jour l'âme transgresse
    Conquise par l'amour aux attraits clandestins.

    Mon cœur fragilisé, ce soir encor s'envole
    Vers ce qui, révolu, conduit la farandole
    Des visages sans fard de mes jeunes printemps.

    Dans un regain de vie en cette étreinte brève,
    Banals ou capiteux, parfums de tous instants
    Je me souviens de vous comme d'un joli rêve !

    Maryse Abran-Pengrech





    aramat_0Y37 (350x69, 32Kb)
    @Beauty2016



      


    10 commentaires


  • A PORTÉE DE MAIN

    Recevoir un sourire,
    Et savoir s'en réjouir,
    S'émouvoir d'une rose,
    Au jardin, juste éclose.
    Contempler les oiseaux,
    Voler toujours plus haut.
    Tant de petits bonheurs, juste à portée de main.

    Se sentir libre et insouciant,
    Les tous premiers jours de printemps.
    Lire un bon livre au coin d'un feu,
    Un soir d'hiver froid et neigeux.
    Avoir le cœur qui s'ensoleille,
    Quand un nouvel amour s'éveille.
    Tant de charmants bonheurs, juste à portée de main

    Regarder son enfant grandir, s'épanouir,
    Partager avec lui les joies et les fous rires.
    Réinventer le monde, le temps de quelques heures,
    Entre très bons amis, entre amants, entre sœurs.
    Ouvrir parfois les yeux au milieu de la nuit,
    Regarder ton visage, paisible et endormi.
    Tant de profonds bonheurs, juste à portée de cœur.

    Liliane Rosati

     

     

    Je vous souhaite une bonne journée

     

     
    @Beauty2016 




      


    13 commentaires
  •  


     

     

    PARFUMS DE LILAS


    Je rêve de terres lointaines
    Où le soleil ne brûle pas,
    Où dans la mousse des fontaines
    Éclosent d'étranges lilas
    Dont la prodigue inflorescence
    A travers l'eau d'un arc-en-ciel
    S'irise de parme et de miel
    Sous des lueurs d'incandescence.
    Fraîche est la nuit sous les étoiles...
    Cueillant ton souffle sur mes bras
    Je rêve de terres lointaines
    Où m'endormir sous les lilas.


    Maryse Abran-Pengrech


     



    @Beauty2016

     


    7 commentaires
  •  




    LA LUNE


    La lune est de mes nuits la tendre souveraine
    Donnant à mon visage un teint de porcelaine
    Capricieuse elle m'arrache à mes heures de sommeil
    Imposant à mon âme de longs instants de veille

    Envoûtée je me lève et vais à ma fenêtre
    Derrière un gros nuage elle joue à disparaître
    Privant ainsi mes yeux de sa douce clarté
    Malicieuse cherchant à se faire désirer
     

     

    Puis le vent la dévoile, découvrant lentement
    Les timides rayons qu'elle diffuse tendrement
    Sur les milliers d'étoiles, ses disciples fidèles

    Lorsqu'elle se montre enfin tous les astres s'inclinent
    Son éclat, sa froideur, m'égarent et mes fascinent
    Et je bois sa beauté comme un poison mortel.


    Liliane Rosati

     

     

     

     

     

     

    Encadrement:@Beauty

     

     

     


    5 commentaires
  •  

     

     

     

     

     

     

    L'APPARENCE

     

    Ici bas, oh vraiment c'est une étrange chose :
    Quand on souffre le plus, on prend un air joyeux ;
    Quand on porte en son sein le cœur le plus morose,
    On met, pour le cacher, un sourire en ses yeux.


    De sa peine chacun meurt, et personne n'ose
    Ôter à son chagrin son voile insoucieux ;
    Homme, on veut être gai comme un enfant bien rose,
    Et l'on refoule en soi sa douleur de son mieux.


    Dans ce monde d'oubli, voilà, voilà l'usage !
    Mais qu'on aille donc pas nous juger au visage,
    Ni prendre pour du vrai tout ce clinquant moqueur !


    Comme un arbre fleurit et verdit à l'écorce
    Quand son vieux tronc creusé penche et tremble sans force,
    On sourit au dehors, et l'on est mort au cœur.


    Evariste Boulay-Paty
    Recueil : Sonnets (1851)

     

     

     

     

     

     

    Bonne fin de journée et merci de votre visite.

     

     

      

     

     

     

    @Beauty2016

     

     


    7 commentaires
  •  

      

     

     


     

     

    LE JARDIN MOUILLÉ


    La croisée est ouverte ; il pleut
    Comme minutieusement,
    A petit bruit et peu à peu,
    Sur le jardin frais et dormant.


    Feuille à feuille la pluie éveille
    L'arbre poudreux qu'elle verdit ;
    Au mur, on dirait que la treille
    S'étire d'un geste engourdi.


    L'herbe frémit, le gravier tiède
    Crépite et l'on croirait là-bas
    Entendre sur le sable et l'herbe
    Comme d'imperceptibles pas.


    Le jardin chuchote et tressaille,
    Furtif et confidentiel ;
    L'averse semble maille à maille
    Tisser la terre avec le ciel.


    Il pleut, et les yeux clos, j'écoute,
    De toute sa pluie à la fois,
    Le jardin mouillé qui s'égoutte
    Dans l'ombre que j'ai faite en moi.


    Henri de Régnier
    (1864-1936)

     

     

    Je vous souhaite un bon vendredi
    et merci de votre visite.

     

     

     

     

     

    @Beauty2016

     

     


    11 commentaires
  •  

      


    LA VIEILLE ÉCHELLE


    Gisant à plat dans la pierraille,
    Veuve à jamais du pied humain,
    L'échelle, aux tons de parchemin,
    Pourrit au bas de la muraille.

    Jadis, beaux gars et belles filles,
    Poulettes, coqs, chats tigrés
    Montaient, obliques, ses degrés,
    La ronce à présent s'y tortille.


    Mais, une margot sur le puits
    Se perche... une autre encore ! et puis,
    Toutes deux quittant la margelle

    Pour danser sur ses échelons,
    Leurs petits sauts, tout de son long,
    Ressuscitent la pauvre échelle.


    Maurice ROLLINAT

     

     

     

     

     

     

     

    La pie bavarde

     


     

     

    @Beauty2016

     

     


    5 commentaires
  •  

     


    DEUX BONS VIEUX COQS


    Le cabaret qui n'est pas neuf
    Est bondé des plus vieux ivrognes
    Dont rouge brique sont les trognes
    Entre les grands murs sang de bœuf.
    L'un d'entre eux, chenu comme un œuf,
    D'une main sur la table cogne,
    Et, son verre dans l'autre, il grogne :

    "Aussi vrai que j'suis d'Châteauneuf !
    J'reste un bon coq, et l'diab' me rogne !
    Je r'prendrais femm' si j'dev'nais veuf."


    "Dam ! moi, fait le père Tubeuf,
    J'suis ben dans mes quatre-vingt-neuf :
    Et j'm'acquitte encor de ma b'sogne !"


    Maurice Rollinat
    (1846-1903)
    Recueil : Paysage et Paysans

     

     

     

     

     

      

      

    Encadrement:@Beauty

     

     

     


    9 commentaires
  •  

     



     

     

    AVRIL

     

    Déjà les beaux jours, - la poussière,
    Un ciel d'azur et de lumière,
    Les murs enflammés, les longs soirs ; -
    Et rien de vert : - à peine encore
    Un reflet rougeâtre décore
    Les grands arbres aux rameaux noirs !

     

    Ce beau temps me pèse et m'ennuie.
    - Ce n'est qu'après des jours de pluie
    Que doit surgir, en un tableau,
    Le printemps verdissant et rose,
    Comme une nymphe fraîche éclose
    Qui, souriante, sort de l'eau.

     

    Gérard de Nerval

     

     


     

     

    @Beauty2016

     


    11 commentaires
  •  

     

    La guenon, le singe et la noix

    Une jeune guenon cueillit
    Une noix dans sa coque verte ;
    Elle y porte la dent, fait la grimace... ah ! Certes,
    Dit-elle, ma mère mentit
    Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes.
    Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
    Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit !
    Elle jette la noix. Un singe la ramasse,
    Vite entre deux cailloux la casse,
    L'épluche, la mange, et lui dit :
    Votre mère eut raison, ma mie :
    Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir.

    Souvenez-vous que dans la vie,
    Sans un peu de travail on n'a point de plaisir.

    Jean-Pierre Claris de Florian

     

     

     

    @Beauty2016

     


    9 commentaires

  • La grande cascade




     

    A cette heure, elle n'est sensible,
    La grande cascade du roc,
    Qui par son tonnerre d'un bloc,
    La nuit la rend toute invisible.

     Et, pourtant, sa rumeur compacte
    Décèle son bavement fou,
    Sa chute à pic, en casse-cou,
    Son ruement lourd de cataracte.

    Un instant, l'astre frais et pur
    Écarte son nuage obscur,
    Comme un œil lève sa paupière ;


    Et l'on croit voir, subitement,
    Crouler des murs de diamant
    Dans un abîme de lumière.


    Maurice Rollinat

     

     

     

     

     



    @Beauty2016

       

     


    6 commentaires
  •  

     

     


    VOLUPTÉ  DES  PARFUMS


    Volupté des parfums ! - Oui, toute odeur est fée.
    Si j'épluche le soir, une orange échauffée,
    Je rêve de théâtre et de profonds décors ;
    Si je brûle un fagot, je vois, sonnant leurs cors,
    Dans la forêt d'hiver les chasseurs faire halte ;
    Si je traverse enfin ce brouillard que l'asphalte
    Répand, infect et noir, autour de son chaudron,
    Je me crois sur un quai parfumé de goudron,
    Regardant s'avancer, blanche, une goélette
    Parmi les diamants de la mer violette.

     
    François Coppée

     

     


     


    @Beauty2015

     


    6 commentaires
  •  UNE  FEMME  EST  L'AMOUR

    Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance ;
    Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé,
    Elle élève le cœur et calme la souffrance,
    Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

     

    Courbé par le travail ou par la destinée,
    L'homme à sa voix s'élève et son front s'éclaircit ;
    Toujours impatient dans sa course bornée,
    Un sourire le dompte et son cœur s'adoucit.

     

    Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
    Bien longtemps à l'attendre il faut se résigner.
    Mais qui n'aimerait pas, dans sa grâce sereine,
    La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?


    Gérard de Nerval

     

     

     

                                                                                                       @Beauty2015     


     


    16 commentaires

  •  

     

     


     

     

    LE VIEIL HOMME

    Le vieil homme et son chien
    Qui est son seul compagnon des jours incertains
    Courbé par la dureté des années
    Aujourd'hui son corps est épuisé
    Parfois atteint par le cafard
    Pour lui tout ce qui lui reste c'est son phare
    Il a tellement vécu de souvenirs
    Aujourd'hui c'est là qu'il voudrait mourir
    Pour aller rejoindre sa chère épouse
    Pour elle il avait mis des fleurs et de la pelouse
    Marchant dans l'allée de son jardin
    Il est toujours avec son fidèle chien
    Il sait très bien qu'un jour le phare va s'éteindre
    Il a promis de ne pas se plaindre
    Mais dans sa tête il aura mal
    Cela sera pour lui une blessure fatale
    L'âge qui peu à peu nous mine
    Nous laissant dans le déclin des abîmes
    C'est dans ce chemin en fleurs
    Que se trouve l'homme au grand cœur
    .


    Jean Claude Lemesle

     

     


     

     

     

     

                                                                                                                                                                             @Beauty2016
     

     


    11 commentaires
  •  

     

     

     

     

     


     

     

     

    A  L'ÉCOUTE


    Ce que veulent dire les mots
    On ne le sait pas quand ils viennent ;
    Il faut qu'ils se parlent, se trouvent,
    Qu'ils se découvrent, qu'ils apprennent...
    Ce que veulent dire les mots,
    Ils ne le savent pas eux-mêmes,
    Mais les voilà qui se regroupent,
    Qui s'interpellent, se répondent,
    Et si l'on sait tendre l'oreille,
    On entend parler le poème.

     

    Jacques Charpentreau

     

     

     

     

                                                                                                                                                                        @Beauty2015

     

     


    8 commentaires
  •  



     

     
    LA BONNE CHIENNE

    Les deux petits jouaient au fond du grand pacage ;
    La nuit les a surpris, une nuit d'un tel noir
    Qu'ils se tiennent tous deux par la main sans se voir
    L'opaque obscurité les enclot dans sa cage.
    Que faire ? les brebis qui paissaient en bon nombre,
    Les chèvres, les cochons, la vache, la jument,
    Sont égarés ou bien muets pour le moment,
    Ils ne trahissent plus leur présence dans l'ombre.
    Puis, la vague rumeur des mauvaises tempêtes
    Sourdement fait gronder l'écho.
    Mais la bonne chienne Margot
    A rassemblé toutes les têtes
    Du grand troupeau... si bien que, derrière les bêtes,
    Chacun des deux petits lui tenant une oreille,
    Tous les trois, à pas d'escargot,
    Ils regagnent enfin, là-haut,
    Le vieux seuil où la maman veille.

    Maurice Rollinat

     

                                                                                                                                                                                       @Beauty2015

     



         


    7 commentaires
  •  

     

     

     

    Le cri du cœur

     

    Rondement, Mathurin
    Mène dans sa carriole
    La Dame qui s'affole
    De filer d'un tel train.

    Elle crie au trépas !
    Le vieux dit : " Not' maîtresse
    N'soyez point en détresse
    Puisque moi j'y suis pas.

    Si y'avait du danger
    Vous m'verriez m'affliger
    Tout comm'vous, encor pire !

    Pac'que, j'm'en vas vous dire :
    J'tiens à vos jours, mais j'tiens
    P'tèt' encor plus aux miens.

    Maurice Rollinat

     

     

                                                                                                                                      @Beauty2015


      


    11 commentaires
  •  

     

     

    4360286_209121407 (451x71, 9Kb)

     

     

     

     

    4360286_209121407 (451x71, 9Kb)

     

    Aubade

    L'aube est bien tardive à naître,
    Il a gelé cette nuit ;
    Et déjà sous ta fenêtre
    Mon fol amour m'a conduit.

    Je tremble, mais moins encore
    Du froid que de ma langueur ;
    Le frisson du luth sonore
    Se communique à mon cœur.

    Ému comme un petit page,
    J'attends le moment plus sûr
    Où j'entendrai le tapage
    De tes volets sur le mur ;

    Et la minute me dure
    Où m'apparaîtra soudain,
    Dans son cadre de verdure,
    Ton sourire du matin.

    François Coppée
    Recueil : Le cahier rouge (1892)

     

     

     

     

    Image and video hosting by TinyPic

     


    5 commentaires
  •  



     

    La petite marchande de fleurs

    Le soleil froid donnait un ton rose au grésil,
    Et le ciel de novembre avait des airs d'avril.
    Nous voulions profiter de la belle gelée.
    Moi chaudement vêtu, toi bien emmitouflée
    Sous le manteau, sous la voilette et sous les gants,
    Nous franchissions, parmi les couples élégants,
    La porte de la blanche et joyeuse avenue,
    Quand soudain jusqu'à nous une enfant presque nue
    Et livide, tenant des fleurettes en main,
    Accourut, se frayant à la hâte un chemin
    Entre les beaux habits et les riches toilettes,
    Nous offrir un petit bouquet de violettes.
    Elle avait deviné que nous étions heureux
    Sans doute, et s'était dit : "Ils seront généreux".
    Elle nous proposa ses fleurs d'une voix douce,
    En souriant avec ce sourire qui tousse.
    Et c'était monstrueux, cette enfant de sept ans
    Qui mourait de l'hiver en offrant le printemps.
    Ses pauvres petits doigts étaient pleins d'engelures.
    Moi, je sentais le fin parfum de tes fourrures,
    Je voyais ton cou rose et blanc sous la fanchon,
    Et je touchais ta main chaude dans ton manchon.
    Nous fîmes notre offrande, amie, et nous passâmes ;
    Mais la gaîté s'était envolée, et nos âmes
    Gardèrent jusqu'au soir un souvenir amer.

    Mignonne, nous ferons l'aumône cet hiver.

    François Coppée
    (1842-1908)

     

     



     
    @Beauty


     

     


    10 commentaires
  •  

     

     

     

     

     

     

    PREMIER SOURIRE DU PRINTEMPS

    Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.

    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    Il repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons d'or.

    Dans le verger et dans la vigne,
    Il s'en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l'amandier.

    La nature au lit se repose ;
    Lui descend au jardin désert,
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.

    Tout en composant des solfèges,
    Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
    Il sème aux prés les perce-neiges
    Et les violettes aux bois.

    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l'oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d'argent du muguet.

    Sous l'herbe, pour que tu la cueilles
    Il met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.

    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d'avril tournant la tête,
    Il dit : "Printemps, tu peux venir !"

    Théophile GAUTIER

     

     

     

    Mars

     

     

     

       @Beauty2016

     



     


    12 commentaires
  •  


     

     

     

     

     

     

    LE  CHAT


    Dans ma cervelle se promène,
    Ainsi qu'en son appartement,
    Un beau chat, fort, doux et charmant.
    Quand il miaule, on l'entend à peine,

     

    Tant son timbre est tendre et discret ;
    Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
    Elle est toujours riche et profonde.
    C'est là son charme et son secret.


    Cette voix qui perle et qui filtre,
    Dans mon fonds le plus ténébreux,
    Me remplit comme un vers nombreux
    Et me réjouit comme un philtre.


    Elle endort les plus cruels maux
    Et contient toutes les extases ;
    Pour dire les plus longues phrases,
    Elle n'a plus besoin de mots.


    Non, il n'est pas d'archet qui morde
    Sur mon coeur, parfait instrument,
    Et fasse plus royalement
    Chanter sa plus vibrante corde,


    Que ta voix, chat mystérieux,
    Chat séraphique, chat étrange,
    En qui tout est, comme en un ange,
    Aussi subtil qu'harmonieux !


    Charles Baudelaire
    (Les fleurs du mal)

     

    ♥♥ ♥♥♥ ♥♥

    Le chat

     

     

     


    @Beauty/07/15
     


     

     


     


    4 commentaires
  •  

    L'aigle

     

     

     

    L'AIGLE

     

    L'aigle, c'est le génie ! Oiseau de la tempête,
    Qui des monts les plus hauts cherche le plus haut faîte ;

    Dont le cri fier, du jour chante l'ardent réveil ;

    Qui ne souille jamais sa serre dans la fange,

    Et dont l'oeil flamboyant incessamment échange

    Des éclairs avec le soleil.

     

    Victor Hugo

    (Odes et Ballades - 1822)

     

     

     

     

    L'aigle

     

     

    L'aigle

     

     

     

     

     


     

     @Beauty2015

     


    8 commentaires
  •  


    Je couds mes rêves

     

     

    Je couds mes rêves sur des nuages de pluie
    Des bouquets de mots d'amour pour fleurir mes pensées
    Je brode des étoiles sur les silences tout gris
    Dans mon coeur ils sont là bien accrochés.


    J'ourle sur une toile d'ombre quelques beaux souvenirs
    Je pique un à un des songes de satin
    Sur des nuits sans sommeil où je voudrais dormir
    Qui me tient éveillé jusqu'au petit matin.

    Je tisse mes sentiments sur la trame de ma vie
    Et puis des sourires sur ton ombre de brume
    Des perles de douceur sur un amour enfoui
    Et de tendres poèmes écrits de ma plume.

    J'enfile tes mots petits diamants de toi
    En un collier bleu auréolé de lumière
    Je le garde bien au chaud pour les jours sans joie
    Pour illuminer mon cou comme une rivière.

    Je découds point par point tous les mots de chagrin
    Le vent les emportera vers le ciel infini
    Ils retomberont en poussière un beau matin
    Laissant place à une belle et douce éclaircie.

    (auteur inconnu)

     

     

     

     

    Je couds mes rêves

     

     

     

     


     

    @Beauty2016

     

     

     


    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique